Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck


mercredi 25 mai 2016

94 - La Providence (suite)

(suite du billet précédent ...)


Et moi ?
Confiance en qui ?

La Providence n'est pas dans mon vocabulaire. Mais il y a en moi un guide intérieur à qui je fais confiance, et en qui j'ai confiance. Dans mon enfance, j'ai le souvenir d'une religieuse qui venait à la maison faire le catéchisme. Dans mon souvenir, elle n'a guère de visage, ni d’âge, juste une présence aimante. Elle compte parmi les femmes dont je me suis senti aimé. Elle me parla un jour de mon ange gardien. Je redoutais ce truc, dont on m'avait dit qu'il voyait toutes mes bêtises et s'arrangeait pour me punir. Il fallait le craindre et être sage, discipliné et bien travailler à l’école pour éviter sa colère.
Mais là, non. Elle m'expliqua qu'il était là pour m'aider à vivre sur le bon chemin, comme un ami, pour que je devienne un grand garçon. (Évidemment, je ne me souviens plus de ses mots exacts, je donne l’idée générale qui me resta marquée).
Disons que, en gros, l'ange gardien me voulait du bien et je pouvais l’écouter dans mon cœur. C'est peut-être la première personne qui ne me brandit pas la morale à laquelle il faut obéir, Cette femme me mit sur le chemin de l'éveil de ma conscience profonde.

Aujourd'hui, je parle de la confiance en moi. Cette expression est un raccourci. En la développant, c’est :
— la confiance que je me fais
— la confiance que je fais à quelque chose en moi, mais quoi ?
— La confiance que je fais à quelqu'un qui a sa demeure en moi. Quelqu'un qui m'habite en même temps qu'il fait partie de moi-même. Quelqu’un de bienfaisant surtout.
Tout cela s'accomplit sur un chemin d'éveil, et je ne suis pas la source de mon propre éveil, mais je suis le dépositaire de ma conscience.

Si je parlais un peu plus savant, j'évoquerai le dialogue intrapsychique, c'est-à-dire le « je me parle à moi-même ». Mais est-ce bien cela ? à qui je parle ? À un autre ? Ou bien est-ce que je me contente de me parler à moi-même ?
Si je m'écoute parler, c'est que je tourne en boucle un dialogue cérébral qui n'est jamais qu'un monologue fabriqué, bouclé sur lui-même et dont l'aboutissement est, dans le meilleur des cas, la créativité littéraire (par exemple…), et, dans le pire des cas, l'hôpital psychiatrique réceptacle des délires en tous genres, qu'ils soient pathologiques ou plus ou moins light.
Et entre les deux se trouve le mystique… reste encore à voir qu’entre le mystique et le mystificateur la frontière est quelque peu poreuse…


A qui je parle ?

Tout autre chose et le dialogue sans paroles fondé sur la confiance intérieure. Ce dialogue n'est pas un produit de ma tête, mais une émanation de la terre intérieure, autrement dit un ressenti brut et sans paroles immédiatement audibles. On entre dans une connaissance par insight.
La moins mauvaise comparaison que j'ai trouvée pour l'exprimer est l'image du flash dans l'obscurité. Dans une pièce inconnue et dans le noir d'une maison où on n’est jamais allé, il y a un court éclair de flash. On a tout vu de la pièce, et en même temps on n'a rien vu… et cependant tout est venu s'inscrire en nous définitivement. C'est alors que le long décryptage commence pour retrouver en soi le « révélé » par l'éclair de flash pour nous seul. (J'ai conscience que cette image est très limitée au regard de ce que j'aimerais savoir exprimer).
Dans cette sorte de métaphore, ce n'est pas moi mais quelqu'un d'autre qui a donné le coup de flash. Moi j’aurais plutôt choisi d'allumer le plafonnier pour tout voir tout de suite… mais, hélas… tout oublier le lendemain et comme on dit : « passer à autre chose »… sauf qu'il y a demeurer là, dans la pièce obscure qu’est notre intériorité, pour recevoir « l'autre lumière » c'est-à-dire apprendre à voir avec les autres yeux, ceux du dedans, et cela demande sans doute des années.
(Il n’est pas de cheminement qui ne passe par une nuit…)

Un dialogue du Silence.

Poursuivant cette métaphore, il s'agit moins de chercher à retrouver par la pensée une capacité à décrire ce que l'on a vu, mais plutôt à occuper cette pièce de notre maison intérieure, là où est notre habitation personnelle, souvent dans un clair-obscur, qui, loin de faire peur, attire…. (les peurs c’est pour les films de zombies !! Faut juste les avoir chassés !….), puis on ouvrira portes et fenêtres pour que la vie circule de l'intérieur vers l'extérieur et inversement.

Je quitte la métaphore pour évoquer ce dialogue du silence qui s'installe en soi et prend la forme de présence d'un autre que soi, que j'appelle parfois « Le Mystère », mais le mot à sa limite, car il s'agit pour moi d'un « Être » qui a sa réalité propre. Donc qui est autre chose qu'un concept inventé.
(à ce propos, si on a peur de cet être de ce mystère, c'est qu'on est dans l'invention, le fantasme, la projection de ses peurs, le fonctionnement imaginaire, etc. - bref, comme on dit : on se fait des films !…) 

C’est dans cet être et son mystère que j'ai placé ma confiance. elle n'est pas encore à 100 %. mais elle ne pourrait plus redescendre à un pourcentage insuffisant. il y a en effet un surgissement d'existence qui ne veut plus retourner à je ne sais trop quel néant. La confiance en moi et en cette relation qui ne saurait trahir, tient d'une permanence au fond de moi-même. C’est juste moi qui parfois prends une distance inutile. Cette distance n'est pas nécessairement le doute, c'est une forme de négligence, un relâchement, une distraction. Revenir à ce lieu de confiance relationnelle ne demande pas un effort considérable, encore moins démesuré, mais juste un peu de recul intérieur, pour en quelque sorte redescendre dans les profondeurs de cette Être–Relation.

(Quand j'écris ce genre de paragraphe ci-dessus, je me dis souvent que l'on ne doit guère comprendre ce que je raconte… c'est un peu comme l'un de mes gendres, mathématicien de haut niveau,  où généralement je ne comprends pas grand-chose à ce qu'il veut m'expliquer de certaines théories, avec le désir du bon vulgarisateur.  Je crois que je comprends 5 % et pas plus… ! Alors que cela m'intéresse vraiment l'univers qui est le sien. Mais bon, on n’est pas obligé de me lire…)


Une réhabilitation de ma chère maman.

À propos d'elle, j’écrivais dans le billet précédent :
«Ayant relu toutes ses correspondances, je réalise que c'était une émanation de son être profond et que c'est en allant moi-même vers ce chemin des profondeurs que je débouche sur la porte de la réconciliation avec elle, par l’être spirituel qui l’habitait, y compris dans des manifestations maladroites. »

En écrivant sur ce thème de la providence, retrouvé dans les correspondances de ma mère, j'ai eu cette intuition que cela avait une petite importance. Il en va souvent ainsi pour les billets de ce blog, dont je rappelle qu'il est surtout destiné à mon propre cheminement personnel, relaté dans cet endroit ouvert à la lecture. (Voir le billet N° 1 qui présente l'objectif de ce blog).
C'était sans doute plus important que ce que j'entrevoyais.

En effet ma petite méditation commence à générer un effet important dans ce que je viens d'appeler la réhabilitation de ma mère en moi. C'était la dernière zone obscure de mon histoire affective d'enfance qui était restée, si je puis dire « en plan ». Je souffrais intérieurement que toutes mes tentatives pour progresser se soldaient par un échec ces dernières années. Comme s'il me fallait simplement accepter que cela ne se ferait pas. Mais c'était une acceptation lourde, alors que la véritable acceptation transcende vers un plus. À présent j'ai trouvé la porte de sortie, ou plutôt la porte d'entrée, … enfin une porte à double battant !
En effet, je lui dois d'avoir reçu cette confiance assez viscérale. Mais je n'avais pas la conscience de ce dépôt en moi. Ou plutôt je n'avais pas la conscience qu'elle y était « pour quelque chose ». Or ce constat est à mes yeux majeur de sa fonction maternelle qui me semblait avoir tellement été défaillante… et il y eut évidemment les défaillances non négligeables. Mais je ne voyais guère grand chose de positif. Désormais je vois les très bons aspects.
Reste à me laisser imprégner d’elle, comme je me suis laissé imprégner du chemin intérieur que mon père m'a permis d'effectuer, tant de son vivant que depuis 26 ans qu'il est décédé.

Pour faire simple, j’ai maintenant la porte ouverte sur l’amour de ma mère. Mon amour envers elle, car son amour pour moi existait, je le percevais à travers ses maladresses, mais moi, je détestais ma mère…. et je ne voudrais pas trop mourir avant d’avoir renoué cette relation, simplement pour ma paix et mon bonheur…. 


Il est assez probable que cette nouveauté transparaisse dans l'un ou l'autre des billets qui pourraient venir dans la suite de ce blog.

mercredi 18 mai 2016

93 - La Providence.

— « Faisons confiance à la Providence ».
Combien de fois ai-je entendu ma mère prononcer cette phrase, mais surtout y croire totalement, indéfectiblement, comme un pilier central de son existence. Une force d'accompagnement de sa vie. une certitude que la Providence ne pouvait lui faire défaut, la décevoir, ne pas lui accorder ses bienfaits au cœur même des pires épreuves. D'ailleurs elle disposait de preuves irréfutables, incontestables, qu'elle donnait en exemple : — « C’est grâce à la Providence que… ».
Acte de foi. Permanence de foi. C'est au-delà de la seule croyance. On est alors loin du : — je pense que peut-être. — Il est bien possible que…
Non la certitude était là. La Providence nous protégeait et nous protégerait toujours.

Dans de nombreuses lettres qu'elle m'adressa au Centre de rééducation durant trois ans (de 12 à 15 ans) ce thème revenait souvent. Faire confiance à la Providence, tout autant que faire un effort en rééducation. Ces thématiques m’irritaient. J'aurais préféré qu'elle me dise qu'elle m'aimait plutôt que me seriner que Dieu m'aimait. J'aurais préféré lire qu'elle comprenait mes douleurs, mon désarroi, mes désespérances, mes larmes, plutôt que lire ses injonctions et ses couplets moralistes pour que je fasse les efforts et bien suivre mon programme de rééducation pour assurer mon avenir.
Je ne savais pas identifier l'imbrication de ces deux messages. L'un manifestant la confiance (mais plutôt la confiance en la Providence qu'en moi), l'autre exprimant ses peurs pour l'avenir lointain. Et si ces parents-là laissaient un jour sur terre un fils avec surhandicap et dépendant des autres ?
J’étais trop jeune pour comprendre. Et puis, moi aussi, je savais dissimuler mes sentiments, ravaler mes larmes et me montrer fort. D'ailleurs, ici, au Centre, il le fallait. Là comme ailleurs nous étions des garçons qui doivent montrer aux autres qu'on est soi-même le plus fort, le plus homme, le plus mec, qu’on ne pleure comme une femmelette.

Cependant, ce que je ne comprends pas et même que que je voudrais rejeter, est quand même déposé en soi. Autrement dit, la foi viscérale que ma mère avait en la Providence s'est instillée en moi, que je le veuille ou non.
Le fait que j'avais tendance à rejeter ce que j'appelais ses « bondieuseries » ses dévotions, à tel ou tel saint salvateur, les neuvaines à Saint Machinchose, ses démarches ritualisées, tout cela était sans doute son moyen d'expression de cette foi viscérale, traduite dans des gestuelles apprises au sein de la catholicité triomphante de l'époque.
J'ai eu en moi ce même mouvement, à la fois d'instillation et de rejet, en sorte que je finis par voir germer en mon être ma propre foi. Celle que je traduis par « foi en l'homme » et qui est tout aussi viscérale que la foi de ma mère en la Providence.
Ceux qui lisent mes blogs savent à quel point il m'est et me serait totalement impossible de cesser de croire en l'homme, et en son destin d'humaniser le monde pour le rendre digne de son existence.  Cette transformation étant directement issu d’une transformation personnelle profonde. autrement dit « comme par t’humaniser toi-même ». Cette foi viscérale s'origine en mon être profond que je reçois comme me débordant de toutes parts, tout en étant unique, non interchangeable et donc totalement moi.

*


Qu'est-ce que (et/ou qui est) la Providence ?

Pour ma mère :

Je n'ai jamais eu l'idée incongrue de poser une telle question à ma mère… Dommage !
Mais, manifestement, pour elle c'était plus quelqu'un que quelque chose, mais les deux étaient cependant mêlés.
On peut dire : « j'ai confiance dans ma voiture », mais, n’étant qu'un objet, certes complexe fruit d'une recherche humaine, l'expression voulant plutôt dire : c'est un objet fiable ; c'est aussi une manière raccourcie de dire : « j’ai confiance en moi et ma capacité à correctement conduire cet objet fiable »
Pour ma mère (qui d'ailleurs ne savait pas conduire…) c'était évidemment d'une autre nature. La Providence était une entité bienveillante, désirant le bien de la personne, même si des épreuves étaient à traverser. Elle constituait une sorte de « Madame–plus » à condition qu'on lui fasse confiance. Tout était là. Qu'on lui fasse confiance.
À Dieu, on demandait, sans être certain d'obtenir. On négociait, on prenait des engagements, on pratiquait des rites, on disait des prières… bref on essayait d'être dans ses bonnes grâces ! Et peut-être qu'il « ferait un geste »…
On pouvait aussi passer par « la mère de Dieu — la Sainte vierge » et pour cela on allait en pèlerinage familial à Lourdes, parce que à plusieurs on avait plus de chance…

Mais, je me répète, la Providence c’était d'une autre nature. Pas besoin de négocier avec elle, de faire des offrandes, de vouer un culte. Il suffisait de lui faire confiance c'était aussi simple que ça. Quelque chose de basique. Aussi basique que l'amour des amants :
— pourquoi m’aimes-tu ?
— mais parce que je t’aime, voyons !
Il n'y a rien à expliquer, ni à démontrer, ni requérir. Il suffit d'aimer…

La confiance génère l'acte confiant.
Celui-ci ressemble toujours à une bienfaisance. Dès lors que le doute s'installe c'est fichu. Je dis « s’installe » car le doute peut nous traverser. En ce cas, ce n'est pas bien grave. Suffit de lui dire : la sortie c'est par là… 
Mais si on le laisse s’installer… alors on peut craindre le pire…
j'ignore si ma mère douta un jour de la Providence. Rien de ce genre ne transparaît dans ses nombreux écrits. Qu’elle ait souffert et beaucoup craint pour mon devenir suite à cette totale paralysie de ce fils de 12 ans, c'est évident. Elle vécut sans doute autant de nuits blanches que moi, elle versa certainement plus de larmes que les miennes. Mais douter ? Peut-être jamais, et certainement pas durablement.

*

La Providence « ailleurs » que chez moi…

Pour un croyant, la Providence représente l'action de Dieu. Une action positive menée par un dessein divin acceptable à ses yeux : favoriser la montée en conscience de l'amour fraternel et universel dont l'homme rêve depuis toujours, tout en respectant sa liberté de faire autrement et en particulier de propager l'inverse : la rejet de l'autre, voire la haine du frère en humanité.

Le christianisme n’a pas inventé la Providence. Le concept est bien plus ancien.
Pour Hérodote, la Providence divine est la source de la sagesse et de l'équilibre. — Pour Socrate, seuls les fous ne croient pas à cette réalité — pour Platon, c'est un élément essentiel de sa philosophie.

Pour nos contemporains, ou plutôt ceux qui se situent sur le versant de l'athéisme, ne croyant ni à Dieu ni à diable, on a substitué ce concept pour d'autres quelque peu comparables :
—, la chance, la bonne étoile, la bonne fortune, le bol de cocus, etc.…
combien de fois ai-je entendu : — « j’ai eu beaucoup de chance dans ma vie » ; comme l'expression de certaines bonnes choses qui seraient arrivées ou l’aptitude à échapper à des périls, et nous apparaissent comme n’étant pas uniquement le résultat de nos actions et de nos efforts. Comme si l'homme avait réellement besoin de « ça »… quelque chose qui vient… d’on ne sait où … qui « sauve » de certains dangers et/ou situations. Et certains athées disent encore : … « grâce à Dieu …. »

*

Et moi ?
La Providence ?

Je reste fasciné par cette confiance que faisait ma mère, alors que de son vivant je l’ai plutôt brocardée à ce sujet, voir moquée. En tout cas, elle m’énervait, et je traitais trop facilement cela de bondieuseries et de superstitions.

Ayant relu toutes ses correspondances, je réalise que c'était une émanation de son être profond et que c'est en allant moi-même vers ce chemin des profondeurs que je débouche sur la porte de la réconciliation avec elle, par l’être spirituel qui l’habitait, y compris dans des manifestations maladroites. 
Voilà plus de 25 ans qu'elle est morte et il m'aura fallu tout ce recul pour y parvenir…
il m'aura fallu, avant, extraire de ma chair tout le dégoût qu'elle m'inspirait et que j'ai parfois partiellement évoqué dans mon écriture publique.
J'ai mis du temps à comprendre ce propos de ma thérapeute d'alors (il y a donc plus de 25 ans…) apprenant le décès de ma mère, alors que depuis des mois je travaillais ce thème avec elle. — Avec ce décès le travail sur votre mère va être retardé probablement pour un certain temps…
Et ce fut le cas en effet.
Mais à présent, je sais le chemin réouvert et je m'y suis engagé.
Il me fut nécessaire de relater cette histoire personnelle et je m'en excuse auprès du lecteur. Mais c'est une composante incontournable de mon chemin spirituel.
C’est pour cela qu'il ma semblé nécessaire d'en parler ici. Y compris pour une clarification toute personnelle.

À présent je peux répondre aux deux questions que je me pose ci-dessus.
Ce sera pour un autre billet.

(Donc, à suivre…)


lundi 14 mars 2016

92 - Intuitions d’enfance.

Que sont devenues mes intuitions d'enfance ?

il y a les rêves, les projets, les projections dans l'avenir, les : « Plus tard c'est moi que je serai… », les griseries, les : « on dirait que je… » qui ont accompagné l'enfance, avant que nous ne soyons rattrapés par la réalité de la vie telle qu'elle se présente.
Mais plus fondamentalement il y a les intuitions, plus fortes, plus pérennes, qui durent, qui reviennent, qui concernent ce qui pourrait être essentiel à la vie, à vivre, à accomplir.

Je précise donc : l'intuition profonde est pour moi quelque chose de profond, durable, qui ne nous quitte pas,  revient régulièrement, se manifeste à nous sans s'imposer, et dont on ne peut pas « se débarrasser ». Si nous engageons « bien » notre vie, l'intuition profonde a pour vocation de se traduire en actes et en engagements qui seront source du bonheur d'exister. Avec rejaillissements bénéfiques pour autrui.

J'ignore si beaucoup de gens ont cette expérience, de se souvenir de leurs intuitions d'enfance.

*

… 3 intuitions d’enfance

1 — J’ai perçu très tôt la dimension contemplative indispensable pour vivre. Bien sûr, voilà des mots d'adultes, mais l'intuition était là, ressentie sans savoir encore la nommer. Contempler  accompagnait mes journées de solitude. Parfois, bien sûr, il y avait l'ennui. Mais souvent c'était une occupation véritable. Différent du rêve ou de l’imaginaire qui inventait jeux, situations et personnages fictifs pour meubler mon espace personnel. Là, C'était juste un acte contemplatif, comme ça, et le temps devenait éternité. J’étais comme transporté ailleurs, mais pas dans un rêve, un Ailleurs-Présence. Ce n'était pas une centration pour observer, comme je pouvais le faire des petits insectes du jardin. L'observation est une activité qui fait appel à tous les sens en éveil. La contemplation est une forme d'abandon à la vie, à sa vie, à plus grand que soi-même.

2 — Très tôt, j’eus l’intuition que quelqu'un accompagnait ma vie, et l'accompagnerait toujours.  Ce n'étaient pas mes parents, qui de toute façon me laissaient à l'abandon, ce n'était pas le « personnel de maison » qui devait simplement maintenir en bon état de propreté l'objet–enfant que j'étais. Cette évidence de « quelqu’un » me donnait une forme de confiance que rien d'invivable ne pouvait m'arriver. Et il en fut ainsi jusqu'à ce jour. Pourtant, je suis loin d'avoir été ménagé par les épreuves de vie qui ont, notamment, délabré mon corps. Je me suis sorti de tout, même s'il a fallu abandonner en chemin bien des choses que je croyais pourtant absolument essentielles à vivre. C'est ce qui me fit un jour écrire : « victorieux de l'impossible ». Ce qui sans doute m'amena aussi à cette prise de conscience qu'une parole inscrite en mon cœur : « quoi qu'il m'arrive, je m'en sortirai toujours »

3 — Une autre intuition se présente à l'origine sous des aspects disons « en creux ». Ce sentiment fort et durable que tout ce qu’on m’inculquait, vrillait dans ma tête et me rabâchait sans cesse, concernant Dieu, Jésus, le divin, ce n'était pas juste, ce n'était pas « ça ». Cette intuition là, j'ai bien failli y renoncer, puisque « les grands » notamment les curés, savaient mieux que moi qui était Dieu… 
Concernant la valeur de cette intuition, le doute finit par s'installer. Je dois reconnaître qu'il me dura longtemps. Je ne suis même pas encore persuadé de « ma vérité ».


*

Douter des intuitions profondes que quelqu'un exprime, c'est probablement la pire des choses que l'on puise lui infliger. À condition bien entendue qu'il s'agisse bien de ses intuitions-là, et pas d'autres choses, du domaine des idées, concepts, ou de la sensibilité toujours prête aux emballements passagers.
C’est pareil lorsqu’on aime quelqu’un mais que l’autre en doute en permanence, on participe à l'extinction de l'amour. Douter de l’autre, c’est le punir.

Il y a sans doute d'autres intuitions profondes de ce temps-là, qui ne me reviennent pas à l'instant.

Probablement parce qu'elles s'interconnectent pour s'accomplir en vie.
C'est ce qui m'apparait majeur en écrivant.

*

Ce qui me frappe c'est la dernière intuition que j'ai mentionnée, et ce doute qui ne me lâche pas vraiment. Il me reste un sentiment de culpabilité, celui d'avoir transgressé « la règle religieuse » qui aurait dû avoir plus de valeur que la parole de Jésus. En somme, une forme de conflit de loyauté, puisqu'ainsi je transgressais aussi tout un système culturo-familial, dans lequel la primauté devait être donnée aux actes cultuels et prescriptions de toutes sortes dictées par la sainte église catholique.
Pendant longtemps il m'a semblé que je n'avais pas d'autre solution que la révolte contre cette religion, à mes yeux pervertie. Le débat intérieur a viré au combat.
L’animal blessé se défend contre son agresseur. Il cherche à l'exterminer, ceci lui semblant la seule manière de survivre.

Or, aujourd’hui, l'agresseur n'en est plus un. Je veux dire il ne peut plus s'en prendre à moi personnellement. La liberté de conscience est totale. Et cependant son exercice demeure entravé. En effet, je demeure témoin des agressions de cette religion et de ses actes néfastes au plan d'une responsabilité collective de ses dirigeants et des adeptes qui soutiennent lesdits dirigeants.
Autrement dit, un certain combat m'apparaît toujours comme nécessaire.

Tout cela n'est pas encore très clair en moi.

Une personne qui a récemment lu tout ce blog, et commenté bien des billets, écrit dans l'un de ceux-ci : « Cette difficulté dans laquelle tu sembles te retrouver n'est-elle justement pas liée au fait que tu t'attaches à rester dans le ressentiment de ce vécu ? Y'a-t-il quelque chose qui te fait peur à tenter de lâcher cette prise-là ? Est-ce une question sous-jacente de perte d'identité ? »

Bien que je ne sois pas totalement certain de bien comprendre les questions, une chose m'apparaît évidente c'est ma propension à rester dans le ressentiment de mon passé religieux. Comme si je ne pouvais cesser de vouloir faire rendre gorge à tout ce milieu qui m'a perverti. Même si mes propos ce sont de plus en plus adoucis ces dernières années, ils gardent quand même une virulence sous-jacente toujours prête à bondir.
Où vais-je donc puiser des forces pour mobiliser ma volonté à agir autrement ?

Y a-t-il quelque chose qui me fasse peur ?
Peut-être le fait qu'il me faudrait un jour « pardonner » à tous ces… £$*€@≠@•#§%$…… d’éclésiastiques sans foi ni respect des lois… !!

spécimen représentatif de l'espèce

mardi 8 mars 2016

91 - L’homme fidèle.

Petit préalable :
il ne sera pas question ici de la fidélité amoureuse au sens habituel du mot : fidélité en couple, etc. Je précise, car c'est peut-être souvent à cela que le mot fidélité réfère en premier.

Lorsque je regarde des personnes qui ont marqué positivement mon existence, c'est probablement celles en qui j'ai trouvé une constante de fidélité. Il y avait « quelque chose » auquel elles se montraient fidèle. Quelque chose qui avait trait avec les profondeurs de la personne.

samedi 20 février 2016

90 - La vie éternelle ?


Trouve-t-on une religion qui ne comporte pas une promesse d’une « autre vie ailleurs » après la vie terrestre ? Un survie de « l’âme », une renaissance corporelle, résurrection des morts, corps psychique débarrassé des lourdeurs de l’attraction terrestre, Eden, Paradis, … Là, un ou des dieux  nous attendent de pieds fermes, avec généralement un jugement divin d’accès ou non à un « endroit » plutôt merveilleux pour les « bonnes gens » et un endroit plutôt terrible pour les « mauvaises gens » …

vendredi 5 février 2016

89 - Prétendre….

Lorsque je publie un texte, évidemment je ne m’arrête guère  à l’environnement graphique de ce blog, sauf à me dire souvent que j’aime bien le look que j’ai choisi… Je ne m’arrête pas non plus à la phrase  épigraphe en tête de ce blog.
Là, je la relis … elle date de la création du blog. (2012)
Quelle prétention !
« relater la question de l’Homme » et avec une majuscule, s’il-vous-plait !
Alors certes il y a le mot « tentative »… mais quand même, pour qui il se prend ce mec !

vendredi 29 janvier 2016

88 - Dieu n’est PAS amour … (à ce qu'il parait !...)

Depuis huit ans, j'anime une à deux fois par an, et pour une durée de cinq à six jours, un forum de partage de textes écrits par en moyenne  25 participants, dans la durée. C'est le principe. Une sorte d'écriture en continu.
C'est une écriture totalement libre qui est proposée. Chacun écrit tout ce qu'il a envie. Aucun thème particulier n'est mentionné. L'écriture va de l'intime au poétique en passant parfois par de la fiction, mais dans la fiction, on voit bien la personnalité qui transparaît. Certains écrivent 9 à 10 heures d’affilé… voire plus…

mardi 19 janvier 2016

87 - Où il est question de la discipline.


Lorsque j'étais enfant, le concept de discipline comportait tout ce qui était interdit, autrement dit tout ce qui entravait ma liberté. Il s'agissait de se montrer conforme à toutes sortes de normes et d'obligations imposées, sans que pour autant il m’ait été expliqué leur nécessité… éventuelle… 
Il était encore moins questions d'en discuter les aspects et les prescriptions. Le principe global était simple : On obéit ! C'est tout ! Et à défaut la punition tombe !

mardi 12 janvier 2016

86 - Quel disciple ?

Répondant à un commentaire dans le billet précédent, J'ai écrit ceci :

(...) Quant à ce que tu dis fort justement : "lorsque le maître est parti, là c'est facile, on peut faire des paroles qui restent de son enseignement ce que l'on veut"
C'est juste en effet,on peut faire tout que l'on veut, au sens un peu tout et n'importe quoi…
Reste la question : comment exercer sa liberté tout en respectant la profondeur du message.
C'est toute la problématique du disciple.
Tu me donnes matière pour un prochain billet ....


Pourquoi respecte-on l’enseignement d'un Maître ?

vendredi 4 décembre 2015

85 - Paraboles du Royaume


— Il leur proposa une parabole, et il dit: Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu'un homme a pris et semé dans son champ. C'est la plus petite de toutes les semences; mais, quand il a poussé, il est plus grand que les légumes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches. 

— Il leur dit cette autre parabole: Le royaume des cieux est semblable à du levain qu'une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que la pâte soit toute levée. 


— Le royaume des cieux est encore semblable à un trésor caché dans un champ. L'homme qui l'a trouvé le cache; et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il a, et achète ce champ. 

— Le royaume des cieux est encore semblable à un marchand qui cherche de belles perles. Il a trouvé une perle de grand prix; et il est allé vendre tout ce qu'il avait, et l'a achetée. 

(Matthieu Chapitre 13 )

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Ce n'est pas d'hier que certaines paraboles de Jésus ont pour moi une saveur particulière. Ainsi en est-il de ces paraboles du Royaume, qui parlent toutes de petites choses ordinaires que tout un chacun connaît ou peut connaître.

vendredi 16 octobre 2015

84 - Où en suis-je ?

— Mon rapport à la religion chrétienne :

Je constate une meilleure conceptualisation.
Décomposer le complexe en éléments plus simples : c'est une évidence, mais quand  l'esprit est embrouillé, la confusion préside facilement. 
Mes niveaux de ressentis sont à présent plus clairs. L'esprit s'embrouille en raison de ressentis non clarifiés. 
La souffrance intérieure, je veux dire celle qui est proche de l’âme c'est-à-dire de l'essentiel, se fait vite globalisante.

mercredi 26 août 2015

83 - Une autre rive….

Pour l'instant, je laisse en suspend mes petits propos sur l'Évangile de la Samaritaine. J’y reviendrai dans le courant de l'automne.

Ces dernières semaines j’ai « fréquenté » plusieurs blogues tenus par des journalistes chrétiens et d’autres gens se réclamant d’une chrétienté de gauche, qui abordent des sujets d'actualité de l’Eglise et de la Chrétienté : les synodes et machins officiels en cours avec le nouveau Pape…  En tant que tels, les articles sont plutôt intéressants, nuancés, assez critiques et globalement avec une tendance progressiste.

lundi 8 juin 2015

82 - Jésus et la femme de Samarie (Jean 4, 5-42) - Texte 5

(suite du billet  81)


La femme Lui dit : « Seigneur, je le vois, tu es un prophète. Alors, explique-moi : nos pères ont adoré Dieu sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut L'adorer est à Jérusalem. » Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l'heure vient où vous n'irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.
Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons, nous, Celui que nous connaissons, car le Salut vient des Juifs.
Mais l'heure vient - et c'est maintenant - où les vrais adorateurs adoreront le Père en Esprit et Vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père.
Dieu est Esprit, et ceux qui l'adorent, c'est en Esprit et Vérité qu'ils doivent l'adorer. »

*

lundi 18 mai 2015

81 - Jésus et la femme de Samarie (Jean 4, 5-42) - Texte 4

(suite du billet  80)


La femme lui dit : « Seigneur, donne-la-moi, cette eau : que je n'aie plus soif, et que je n'aie plus à venir ici pour puiser. »
JESUS lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. »
La femme répliqua : « Je n'ai pas de mari. » 
JESUS reprit : « Tu as raison de dire que tu n'as pas de mari, car tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari : là, tu dis vrai. »

*

L'Évangile, ce n'est pas un roman fleuve en trois tomes de 400 pages… le récit est toujours très ramassé à un essentiel. On peut lire l'histoire de la Samaritaine en une minute 45 secondes. Mais si tout était raconté dans le détail, ce passage, comme d'autre, serait bien plus long… la brièveté est toujours pour moi une incitation à prendre beaucoup de temps sur une seule phrase.

vendredi 27 février 2015

80 - Jésus et la femme de Samarie (Jean 4, 5-42) - Texte 3

(suite du billet N° 79)


JESUS Lui répondit : " Si tu savais le Don de Dieu, si tu connaissais Celui qui te dit : 'Donne-Moi à boire', c'est toi qui Lui aurais demandé, et Il T'aurait donné de l'Eau Vive".

Elle Lui dit: "Seigneur, tu n'as rien pour puiser et le puits est profond; avec quoi prendrais-tu l'eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ?".

"JESUS lui répondit: tout homme qui boira de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l'Eau que Moi Je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; et l'Eau que Je lui donnerai deviendra en lui Source jaillissante pour la vie éternelle."

Elle prend un tour bizarre cette histoire. Jusque là c’était à peu près clair… On pouvait imaginer la scène  de ciné :  le type seul, la femme qui arrive au loin, la musique  façon Ennio Moriconne, le dialogue terre à terre des ennemis potentiels qui se défient….

vendredi 20 février 2015

79 - Jésus et la femme de Samarie (Jean 4, 5-42) - Texte 2

(suite du billet N° 78)


JESUS lui dit : " Donne-Moi à boire."  (En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter de quoi manger.)
 La Samaritaine Lui dit : "Comment Toi qui es juif, Tu me demandes à boire, à moi, une samaritaine ? " (En effet, les juifs ne veulent rien avoir en commun avec les samaritains.)
*

Donc, ils sont seuls, lui et elle, autour de ce puits. C'est ainsi en tout cas que je le conçois. Il n'est pas fait état d'autres personnes, et puis on voit mal comment le dialogue qui va suivre pourrait s'accommoder d'un groupe qui entourerait ces deux là.

mercredi 11 février 2015

78 - Jésus et la femme de Samarie (Jean 4, 5-42)



Sur cette rencontre, j'ai souvent médité. C'est un épisode qui a toujours eu une intensité particulière pour moi. Je vous raconte l'histoire brièvement si vous ne la connaissez pas.

mercredi 28 janvier 2015

2015 année nouvelle



L'année a commencé avec les événements dramatiques d'assassinats au nom d’un soit disant Dieu. Au nom d'une religion, une fois de plus. On pourra dire qu'il s'agit d'extrémistes, de fanatiques endoctrinés. Il n'en reste pas moins que ce fut au nom d'un dieu, d'une religion…
D'autres fanatiques, au nom d'une autre religion monothéisme ont aussi enlevé et massacré.
la Shoah évoquée cette semaine à l'occasion de la libération du camp d'Auschwitz. 
Ajoutons les massacres au nom des idéologies, Des fanatismes de tous ordres,  Etc. etc.

L’Humanité peut-elle un jour opter pour« autre chose que ça » ?

mercredi 24 septembre 2014

77 - Des verbes


Ce matin, au réveil, tournaient en moi des verbes que l'on retrouve plusieurs fois dans l'Évangile :
— viens — suis-moi — je vous envoie — allez — je m'en vais — je reviendrai — je ferai — il se rendit à… — Il entra — il sortit — il guérit — il proclama — etc.
Des verbes d'action.

dimanche 21 septembre 2014

76 - Jugement divin ? - Résurrection ? - et autres concepts...


"Nier la résurrection, c'est chercher à déresponsabiliser l'humanité.
S'il n'y a rien après la mort, alors je peux faire n'importe quoi, quelle importance ?"
Ou si personne n'est revenu nous dire qu'il y a un jugement divin,
on peut imaginer ce qu'on veut, on peut dire n'importe quoi,"



Je lis cela sur un blog tenu par un prêtre catholique.
Ainsi les actes de la personne humaine devraient être conditionnés par la peur du Gendarme Divin ! Doctrine chrétienne qui semble avoir encore ses adeptes… Doctrine qui a éloigné de l'essentiel bien des personnes en quête de vivre… Ne sont resté que ceux qui ont l'esprit et le coeur militarisé - oui chef ! bien chef !