Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck.

« Une force qui est, qui ne peut pas être seulement de nous, mais qui ne peut pas être sans nous. Cela c’est de Dieu. - Mais je ne sais absolument rien de Dieu je sais seulement qu’il y a quelque chose en moi qui monte. C’est une trace, un chemin, un parcours toujours nouveau. » - Marcel Légaut

jeudi 14 décembre 2017

102 - Dieu ?


Il y a « les maîtres inspirants ». J'en ai parlé plus d'une fois. Ce ne sont pas des modèles à suivre plus ou moins librement ou servilement, qui me diraient ce que je dois faire ou ne pas faire. Ce sont plutôt des « (é)veilleurs de ma vie » qui m'ont permis d'aller à la découverte de ce qu'il en était de moi-même, au-delà des images et des représentations que j'avais pu me fabriquer ou que d'autres avaient tenté de m'imposer.
Ils furent comme des « révélateurs » à l'image de ces papiers-photo plongés dans le bain de révélateur et sur lesquels apparait quelque chose que ombres et lumières du négatif ont incrusté dans le papier photographique mais ne se voit pas encore. C'est-à-dire, et pour quitter la métaphore,  quelque chose qui jusque là n'était pas encore ma conscience plus ou moins claire.

J'ai plus d'une fois indiqué que Jésus faisait partie de ces maîtres–là.


Mais qu'en est-il de « Dieu » ?
En laissant naviguer cette question librement en moi ces derniers jours, je pourrais peut-être dire ainsi : Dieu ? Un/e « ?????? » à qui je m'adresse parfois.

Par le passé il m'arrivait de « lui parler » comme à quelqu'un/quelque chose qui entendrait. Il s'agissait le plus souvent de situations basiques. Je râlais, je demandais ou je m'étonnais… j’ai même supplié aux heure sombres…. Bref, des choses de diverses natures sur lesquelles j'attendais, sans attendre, des réponses, qui de toutes façons ne viendraient pas.

Est-ce que j’en tirais quelque bénéfice ? Pas vraiment… C’était des sortes de spéculations cérébrales, intellectuelles ou non. Et d'ailleurs, est-ce que tout simplement, tout bêtement, je ne me parlais pas à moi-même ?

Plus récemment, ces dernières années, j'ai cherché à évacuer le « concept de Dieu » il ne m'intéressait plus guère.

Ces derniers temps, je retrouve de manière plus forte, plus intense, cette sorte de nécessité vitale de manifester une gratitude abondante, pour ne pas dire débordante, envers ce que j'appelle La Vie et sa profusion. Je ressens une dilatation intérieure et une forme de débordement d'amour dans un immense remerciement pour tout ce que j'ai pu recevoir et qui m'a comblé au-delà de toutes mes espérances ; et ce, malgré les difficultés et les épreuves de la route.

Évidemment viennent à mon cœur beaucoup de personnes, autant des intimes que des inconnus de passage, qui furent parfois des rocs blancs, parfois des petits gravillons blancs, et qui m'ont permis d'être et devenir ce que je suis et deviendrai encore. La gratitude pour tous ces hommes et ces femmes n'est pas bien difficile à se laisser ressentir amplement.
 Cependant, il arrive un moment où je bute. Comme un élan qui tout à coup s'arrête.

Je ne peux pas courir, vu mon état physique. Mais j'ai vaguement gardé la sensation de ce que cela pouvait être dans mon enfance. Courir éperdument, avec joie, ne pas avoir envie de s'arrêter, et finir par se jeter en avant comme on entrerait dans un bonheur sans fin.

Mais c’est comme si je brisais mon élan parce que je craindrais « quelque chose de confus » qui m'obligerait moi-même à stopper.
Je m'interdis de remercier (un?) Dieu qui serait celui vers qui, de manière ultime, se dirigerait ma gratitude infinie.
Il ne s’agit pas d’une idée sur Dieu ou je ne sais quelle divinité bienfaisante dont je démontrerais par A + B qu'il s'agit bien d’un être de bonté parce que ceci ou cela.
Il s’agit d'un mouvement intérieur et du corps qui surgit du plus profond de moi, et n’a pas à s’arrêter. 


Briser cet élan fait de moi un être aberrant, c'est-à-dire pris en flagrant délit de renier ce à quoi il croit le plus profondément :  Suivre l’Élan Vital… Jusqu’au bout !

vendredi 29 septembre 2017

101 - Quelle Justice ? Dans quel Monde ?

Sur un site Internet, il est proposé de méditer sur les ouvriers de la vigne qui reçoivent le même salaire alors qu'ils n'ont pas travaillé le même nombre d'heures…

Je le reprends ici pour ceux qui ne connaîtraient pas :
« Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier(*), c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.” Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?” Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.” Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.” Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : “Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !” Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?” C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. "

(*) un denier/jour = un salaire plus que correct
un soldat romain gagnait environ 20 deniers par mois

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Voici ce que ce texte m'a inspiré :

Dans le monde actuel, un patron comme ça ne va pas tarder à avoir une grève générale et tous les syndicats sur le dos ! : Comment ça ? des types qui ont bossé seulement deux ou trois heures, recevraient le même salaire que ceux qui ont trimé toute la journée du matin au soir ?
Franchement : quelle injustice sociale !
Vite, tout le monde aux prud’hommes ! Pour réclamer cette égalité sociale tout à fait légitime.
Dans le monde actuel, il y a toutes les chances qu'ils obtiennent satisfaction. Si on a travaillé dix heures, on a droit à un salaire supérieur à celui qui a travaillé trois heures. C'est logique, imparable, tout à fait normal.

Tant que l'on reste dans ce genre de discours  du : j’ai droit, j'ai pas droit, j'exige d'avoir, il est anormal qu'il y ait des plus riches que moi (qu'il y ait des plus pauvres est-ce que c'est normal ?…  On se posera la question plus tard, quand on aura le temps… de toute façon, on n'a pas le temps…)
Autrement dit, dans ce monde-là, il n’y a de la place que pour les rapports de force, pour la perpétuation du couple dominant/dominé.
Les opprimés d'aujourd'hui, ont vocation à devenir les oppresseurs de demain.
L’histoire des humains est remplie d'exemples du genre.
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Oui mais là, on est « au royaume des cieux ».
Les rapports humains sont d'une tout autre nature.
Au « royaume des cieux » il n'y a qu'une unique loi : la générosité. Non pas l'abondance qui ne peut que créer un clivage entre ceux qui ont beaucoup, et ceux qui ont très peu. car l'abondance a nécessairement son pendant : la disette ; mais la générosité du don « sans mesure ». Pour arriver à cette générosité-là il faut : « travailler à la vigne ».

La vigne symbolise l'aspect divin de la personne humaine. Ce « plus que lui » qui le dépasse, le transcende, rend capable de grandes choses dans le sens d'une construction positive de soi-même, et d'une générosité vis-à-vis d'autrui, qui en découle naturellement. Il faut donc faire émerger ce divin en soi, ainsi que Jésus l'a fait lui-même.
Pour cela, observons que nous devons tenir des deux :
— Nous sommes à la fois des maîtres de la vigne, car nous disposons tous de ce « plus que soi en soi » qui ne nous appartient pas, dont nous sommes dépositaires pour le cultiver et le donner autour de soi.
— Nous sommes en même temps des ouvriers embauchés au service de la vigne, c'est-à-dire de « l’humanité nouvelle ». Ce qui pour moi est synonyme de « royaume ». L’important n’est pas que l’on soit maître ou ouvrier. L'important est que l'un comme l'autre soient au service de la vigne.

Je connais plein de gens qui sont passés dans le « royaume des cieux » et qui ont une générosité sans bornes, toujours prêts à donner d’eux-même , sans attendre d'autres retours que de recevoir le denier d'une vie décente.

À celui qui sait regarder, il peut constater que ce royaume-là est à l'œuvre dans « le monde d'aujourd'hui » et il produit des grappes de bons fruits directement issus de cette générosité. Ces personnes-là sont sorties de la revendication stérile, de l'égocentrisme qui immobilise, de la recherche du profit personnel qui pourrit et gâte les raisins.
Ces personnes dont la générosité est devenue naturelle, forcent chaque jour mon admiration.

S'il devait en être autrement, alors c'est que Jésus aurait totalement loupé sa mission…

jeudi 17 août 2017

100 - La mort ?… Et après ?…

Sur un autre blog, j'ai relaté la mort récente d'un ami que je connaissais depuis 45 ans. En quelques 15 mois il a été emporté par le cancer.
Quelqu’un a commenté de la manière suivante :

Gérard Philipe avait noué une immense et profonde amitié avec Georges Perros du temps de leur prime jeunesse; quand l'un écrivait à l'autre "C'est bien de te savoir avec moi sur le globe", l'autre lui répondait "J'ai hâte de te coudoyer"... 
Quand Gérard Philipe a pris le même chemin que ton ami, dans les mêmes circonstances, Georges Perros a dit sur sa tombe: "Ce sera moins dur de mourir, maintenant, pour ceux qui t’ont aimé. Moins bête. Il y aura un rendez-vous à ne pas manquer, que nous ne manquerons pas."

La phrase prononcée sur sa tombe me donne à réfléchir. Ou plutôt à méditer.
Elle semble clairement indiquer la croyance en un « rendez-vous » après la mort.
Non pas, semble-t-il, — ou du moins ce n'est pas évoqué comme tel, ce qui ne veut pas dire que cela n’existe pas, — entre un vivant et un mort, mais un rendez-vous plus tard, d’un mort avec un autre mort. Cela semble signifier pour Georges Perros une croyance (pour ne pas dire une foi) en une forme de rencontre dans un ailleurs. Une rencontre qu’il ne faudrait pas manquer. Ce qui suppose un certain aléa.

À la demande de S… (la femme du défunt) nous avons préparé la célébration catholique des funérailles. Mon ami n'était pas mécréant, je dirais plutôt agnostique bienveillant. Cependant lors de certains de nos échanges au cours de sa maladie il avait évoqué de « retourner à la messe pourquoi pas »…
Je dois reconnaître que cette préparation fut un moment fort pour tous les présents, c'est-à-dire : les deux femmes qui aidaient à la préparation et qui avait de grandes qualités humaines et spirituelles, la veuve, mon épouse et moi-même. Les deux « femmes d'église » dirent par la suite qu'elles avaient rarement vécu un moment aussi intense et profond de préparation de funérailles.
S…. Nous dit qu'elle ressentit une grande paix intérieure et un gros soulagement. Quelque chose s'était dénoué en elle,  nous confiera-t-elle plus tard. Je partage ce sentiment et ce type de ressenti.
À un moment donné il fut question de la spécificité des « funérailles chrétiennes » Certes, je n'ai rien « appris », mais cela m'a sauté au visage avec une certaine intensité. Je veux dire par là que j'ai ressenti l'énorme différence entre : ce qu'il en est de la résurrection et de la vie éternelle dans le catholicisme et qui a rassemblé en la personne de Jésus-Christ ; avec ma propre « foi en l'homme », et qui est rassemblée à la personne de Jésus (sans ajouter Christ).

C'est cette même différence, semble-t-il, que je retrouve dans la citation de Georges Perros sur la tombe de Gérard Philippe. C’est une différence fondamentale, évidemment.

La question reste cependant ouverte en moi. Enfin, soyons honnêtes disons : entrouverte…
Plus précisément encore : la vraie question n'est pas d'une vie éternelle après la mort dans je ne sais quel paradis. Cela me semble très limité. Cela ne m'intéresse guère. Et ce n'est pas d'aujourd'hui… Pas plus qu'au feu de l'enfer, je ne crois en un lieu d'adoration et de félicité éternelle. Et donc, je ne redoute pas l’un ni ne désire l'autre.

. Alors, où est la vraie question ? Enfin, je veux dire pour moi… car bien évidemment il n'y a pas UNE SEULE vraie question !… La question est : jusqu’où va la grandeur de l'homme, sa profondeur, et à la fois son élévation. Qu'y a-t-il d'humain en tout homme qui serait — j'allais presque dire — plus humain encore que l’ordinaire humain… qui le transcende au-delà de ce qu'il croit possible.

Forcément, cela ne peut s'inclure dans une quelconque religion qui est nécessairement excessivement limitée par les contours qu'elle s'impose et qu'elle impose aux autres.
C'est pour cela que Jésus s'affranchit et affranchit l'autre de l'obéissance inconditionnelle à la loi religieuse de son temps. Et à toutes les religions par extension.
Tant que l'on voudra assigner Jésus à résidence dans une quelconque « croyance » religieuse ou non,il me semble que l'on demeurera  dans l'erreur.

Souvent, on m'a rétorqué la phrase bien connue :
« Je ne suis pas venu pour abolir la Loi mais pour l’accomplir ». Il s'agit en cela de justifier la religion fondée sur une loi divine. Pour ma part je pense que l'on fait là un total contresens. La loi est en réalité accomplie dans l'homme, par nature. On ne peut donc pas l'abolir, sauf à noyer sa propre humanité. Mais on peut la travestir totalement, ce que s'ingénient à faire les religions.

Si Jésus est pour moi un Maître de vie, c'est justement parce qu'il est insaisissable en raison de l'extraordinaire liberté qu'il offre.
Comme il est confortable de vivre dans l'assurance de l'efficacité automatique du rite religieux !
Jésus propose l’audace du Vivre ! Pas le confort anesthésiant de la bonne pratique rituelle   !

S’il est un Maître de Vie, c'est parce qu'il ouvre un extraordinaire chemin d'accomplissement et de don par des sentiers qui sortent résolument de l'ordinaire, non par réaction contre l'existant, mais par transformation de l'intérieur bien plus efficace et agissant dans l'humanité.

Quelle attirance extraordinaire fallait-il à cette homme pour se trouver des disciples, qui jusque-là étaient engoncés dans leurs pratiques religieuses, nombreuses, excessives, et déshumanisantes. De bigots façon Tartuffe, il en fera des hommes libres. Qui plus est totalement audacieux. 
Les femmes soumises à ces lois divines abjectes tenant à l'impureté notamment (Cf la chosification de la femme juive dans la sphère religieuse), il les libérera, comme aucun mouvement contemporain de libération de la femme ne saura jamais le faire…
Hélas ! On a tellement galvaudé son message en 2000 ans…

Je parais m'éloigner de mes propos du début. J'en suis proche au contraire.
La vie éternelle se joue maintenant. Pas après la mort.
il n'y a pas à « attendre la résurrection ». Elle est déjà faite.

Elle devient comme une permanence à celui qui développe son intériorité jusqu'à, comme dit Jésus, « accomplir la loi ».

dimanche 5 mars 2017

99 - Le Libérateur asservi (partie 2)

3. - Qu'est-ce que Jésus voulait ?

Cela peut se résumer d'une manière simple, considérée  souvent aujourd'hui  comme simpliste, et dont on se moque allègrement : « aimez-vous les uns  les autres » moi-même je l’ai brocardée avec un : aimez-vous les uns sur les autres…
Évidemment c’était pas aussi simple que ça, surtout quand il avait ajouté : aimez vos ennemis !… Faut quand même pas pousser mémère…

Plus jeune, je considérais qu'il s'agissait  d'une sentence péremptoire, avant de comprendre que toute sa démarche consistait à proposer le chemin et la pédagogie, pour y parvenir. Au moins un peu, tant bien que mal. Il fallait emprunter le chemin de l'intériorité jusqu'à découvrir au fond de soi le début du commencement d'un amour universel. Il finissait alors par surgir, comme une évidence de Lumière s’impose aux yeux. Nous appartenons à une destinée humaine commune à chaque homme et à chaque femme de cette planète. Rien que ça !
Elle était là l'aventure d'un « Monde nouveau » celle d'un « Royaume » qui était une aventure d'intériorité, que l'on pouvait engager et mener jusqu’où cela nous serait accessible chacun. Selon ses choix, ses possibles.

À défaut d'y arriver pleinement on pouvait au moins commencer. Faire un bout de chemin.
Le mystère de ce type Jésus est qu'il promettait de ne pas nous abandonner en route. Pourtant il est mort depuis longtemps. Où donc pouvait-on le rencontrer désormais, si ce n'est dans les profondeurs de l'être d'une manière subtile, si peu dicible, et difficilement partageable à celui/celle qui n'en a nullement le simple pressentiment d'un possible. 

C'est de l'histoire de cette « rencontre nouvelle » dont il est question à la fin de chaque Évangile qui relate, à sa manière, la mort de Jésus et ce qui s'est passé ensuite. Comment des hommes et des femmes ont compris que d'une certaine manière « il était continué en eux »… une transmission en quelque sorte. Comme le maître d'apprentissage transmet son savoir à l'apprenti. Comme le chercheur offre sa découverte aux autres pour qu'ils puissent l'enrichir à leur tour.

Je ne vais pas m’étendre sur le pataquès de l'histoire de la sépulture de Jésus. Juste en quelques mots : un membre du conseil des juifs, qui n'a pas voté la mort de Jésus, s'arrange pour obtenir l'autorisation de Pilate de récupérer le corps crucifié (normalement il aurait dû rester en croix plusieurs jours selon l'usage, pour l'édification des foules…). Il dépose le corps dans une tombe creusée dans le rocher. Mais pour les rites funéraires il faut attendre la fin du sabbat. Donc au premier jour de la semaine qui suit des femmes viennent pour effectuer les rites. Mais, oh surprise ! Le corps a disparu ! (On a écrit plein de trucs là-dessus qui ne m'intéressent pas.)

En revanche ce qui est intéressant c'est que les femmes en question, déconcertées, aperçoivent un jardinier qui leur déclare : « pourquoi cherchez vous le vivant parmi les morts ? ».
Un jardinier : comment ne pas y voir la symbolique de celui qui cultive sa terre intérieure ? Cette terre vivante en chacun de nous, sur laquelle nous pouvons faire fleurir nos vies.
J'y retrouve ce que je développais dans le billet « laissez les morts enterrer les morts… »

Celui qui a fait la promesse d'une vie où le temps ne compte plus et où seul l’instant existe avec toute la vie qu'il comporte éternellement, ne peut délivrer d'autres messages que celui-là. Ne cherchez pas  la vie dans la mort…

Je pense qu'à ce moment-là des femmes ont compris intérieurement ce dont il s'agissait. Ensuite pour l'expliquer on utilise, comme souvent à l'époque, une petite histoire : celle du jardinier. Comme encore aujourd'hui on peut expliquer aux enfants des réalités profondes de la vie avec des petites histoires simples et parlantes. Et pas seulement qu'aux enfants…

Ce n'est pas pour rien qu'il soit question des femmes dans cette histoire. Elles qui savent ce que veux dire : porter la vie en soi ! Les hommes auxquels elles ont raconté ce truc à leur retour se sont gentiment moqués d'elles… Ah ces bonnes femmes ! Cependant ils ont couru au tombeau, probablement histoire de vérifier qu'elles avaient raconté des salades… de jardinier évidemment…
Hélas pour eux, ils durent faire le constat du tombeau vide.

Suit un autre épisode bien connu : « les disciples d'Emmaüs ».
* Deux potes qui ont mis une forte espérance en Jésus, s'en retournent chez eux, bien déçus que leur champion fut victime d'un assassinat politico-religieux. En chemin, ils en rencontrent un troisième, ils lui racontent ce malheur.
— Jésus de Nazareth, tu connais pas ? Un grand prophète pourtant largement connu dans le secteur.
Ils expliquent comment il a été arrêté, jugé n'importe comment, puis crucifié. Bref ! Tous leurs espoirs sont anéantis. 
Alors, ce compagnon de voyage, (l évangile estime que c’est Jésus lui-même) qui devait en savoir long sur les écritures, leur refait toute l'histoire, si bien qu'ils finissent par arriver ensemble à l'auberge pour partager un repas. Et là, le texte dit :
« Alors leurs yeux s'ouvrirent et ils le [Jésus] reconnurent, puis il leur devint invisible ».
Ils font demi-tour, retournent à Jérusalem pour raconter aux autres : « Comment il l'avait reconnu à la fraction du pain ». Allusion au dernier repas pris avec Jésus. Ce qui laisse supposer qu'il y avait assisté en direct. Mais pourquoi donc n’ont-ils pas reconnu Jésus dès le départ ? Si tant est que ce soit vraiment lui…

* La plupart du temps on explique cette histoire en estimant que c'est Jésus lui-même revenu d'entre les morts qui serait apparu à ces deux disciples d'Emmaüs, en chair et en os. Donc il est ressuscité. Et la plupart du temps on insiste très lourdement : il est vraiment ressuscité, mais vraiment !   comme s'il fallait vraiment s'en persuader soi-même…
Je laisse ceux qui croient cela comme çà, le soin d’en discuter entre-eux… ceux que cela intéresse pourront lire les centaines de livres écrits sur ce sujet ainsi que les centaines de sites Internet apportant moulte démonstrations,  dans un sens comme dans l'autre…

Pour ma part, ce passage de l'Évangile m'apprend comment se produit l'expérience intérieure de la présence de celui qui n'est pas. Qui n'est plus. En ce sens cela m’a été très instructif spirituellement.
D'abord les choses commencent « en chemin » : sans se mettre en route rien ne se passe.
Ensuite il faut savoir s’arrêter un bon endroit : l’auberge.
Là se crée quelque chose d’intime. - Quelque chose d’un cœur à cœur.
Et d'ailleurs ils ont cette expression : « notre cœur n'était-il pas tout brûlant »
là, tout se passe au cœur d’une relation. Une relation qui éveille et révèle.
Alors oui, se produit  une reconnaissance. « ils le reconnurent à la fraction du pain ». C'est-à-dire cette reconnaissance dans un partage. Un partage qui en rappelle un autre précédent. Ce moment qui marqua tous les esprits. Ce dernier repas.  Peu de temps avant le procès et la mort.

Sans doute faut-il pour bien comprendre que cela réfère à des événements personnels dont on fait une lecture autres que l'ordinaire des apparences.
Je pense ici au repas familial que nous avons pris après le décès et l'enterrement de mon père : mon frère, la famille restreinte, et moi.  Dans la vieille bâtisse où il demeura plus de 10 ans, dans ce village du fond de l'Ardèche. Nous avons partagé le repas, jusque très tard dans la nuit.  Sans lui. Sans sa présence physique. Et cependant il était là. Tout parlait de lui cette nuit-là. Nous avons évoqué des souvenirs, bien vivants encore. Et nous l'avons reconnu pour ce qu'il fut pour nous et ce qu'il allait demeurer. C'était très simple. Très ordinaire. Très humain. Et donc très « spirituel ».

En conclusion toute provisoire, je dirais que Jésus voulait que l'histoire continue sous forme d'une aventure intérieure, à la fois personnelle et communautaire.


mardi 28 février 2017

98 - Le Libérateur asservi (partie 1)


1. - Le constat de la religion chrétienne.

la religion intellectualise et conceptualise le divin.
Elle le décline en théories diversifiées, parfois contradictoires, et sujet à querelles théologiques.
Chacun cherche naturellement à faire prévaloir sa position intellectuelle et la pertinence de son raisonnement élaboré, affiné, construit, circonstancié, démontré à coup de :  « donc… » - « il en résulte que… »  - « on peut en déduire sans se tromper que… » - « il est ainsi démontré… » Etc.Etc. Bref, en matière de spiritualité, de mysticisme , des subtilités du Vivre,  on est dans le « CQFD »…  emballé c'est pesé !

Cette griserie intellectuelle procure des satisfactions du mental puissantes et intentes. Elle peut occuper une vie entière, du soir au matin et du matin au soir. On devient ainsi un « savant de Dieu », appelé aussi « théologien ». En comparant, compilant, structurant, démontrant, raisonnant, au fil des années des siècles, on sait désormais parfaitement « ce qu'il en est de Dieu ». Une si longue réflexion menée sur plusieurs siècles ne peut qu'établir les vérités définitives sur le sujet.

En conséquence de la conceptualisation du divin, une religion doit décliner un certain nombre de pratiques que tout un chacun se doit de respecter : 
Dogmes, credos, obligations cultuelles,  règles de conduite et de comportement, listes d'interdits,  réglementations de toutes sortes. 
Pour veiller à la bonne application de ces principes, préceptes et obligations, il est nécessaire d'installer une hiérarchie pyramidale et dirigeante. À défaut ce serait la débandade…

Ce système hiérarchique génère des procédures chargées d'établir et de veiller au respect de l'ensemble défini et immuable (la Tradition) : grosso modo il s'agira de process dualistes : autoriser/interdire ; récompenser/sanctionner ; inclure/exclure ; juger/pardonner ; condamner/porter au pinacle ; sacré/vulgaire ; prêtres/laïcs ; décideurs/exécutants ; commandement/soumission  ; hommes -qui-commandent/femmes-obéissantes;  etc.

Lorsqu'une religion existe depuis des siècles elle multiplie à l'envie l'ensemble de ses process, au point qu'une poule n'y reconnaîtrait plus ses poussins… Ainsi fleurissent des théologies multiples, contradictoires entre-elles, sur chaque point précis des concepts religieux savamment élaborés, et généralement défendus bec et ongles à la fois par les adeptes du principe considéré, et tout aussi bec et ongles par les opposants…
Cela se termine par un rapport de force où  l'autorité supérieure tranche, le plus souvent pour des raisons obscures et impalpables que l'on appelle « motions de l'Esprit Saint ».
Une fois que l'on a tranché dans le vif, on se sépare. Cela s'appelle un schisme.
Ainsi de cette longue liste des « hérésies » qui ont fait l'objet de querelles au fil des siècles. Pour les résoudre on s’est  entretué, torturé, étripé, supplicié, brûlé vif, et autres raffinements sanglants dont les hommes ont le secret.
À titre purement indicatif et non exhaustif, voici quelques hérésies de la religion chrétienne (catholicisme en particulier = considéré comme « la vraie religion ») qui furent combattues et châtiées comme il se devait  :

 Arianisme ; Gnoticisme ; Marcionisme ; Novatianisme ; Ebionites ; Cyrénaïques ; Donatisme ; Artotyrites ; Macédonianisme ; Nestorianisme ; Monophysisme ; Monoénergisme ; Pélagianisme ; Premier iconoclasme ;  Deuxième iconoclasme ; Schisme photien ; Filioque ;Tétragamie ; Schisme de 1054 ; Athinganes ; Néomessalianisme ; Phoundagiagites ; Paulicianisme ; Bobomiles ; Adoptianisme ; Schisme d’Aquilée ;  Prédestinationisme ; Dulcinistes ; Catharisme Etc. Etc.


2. - Jésus a-t-il voulu « tout cela » ?

* La chrétienté a toujours affirmé qu’elle agissait « en Son Nom ». Convaincue de faire « la Volonté du Seigneur » (en tout cas elle fit celle du saigneur….), et « celle de Dieu ».

* Jésus a très fréquemment fustigé la religion de son temps. Il a critiqué toute l'hypocrisie religieuse dont il était témoin. Ceux qui connaissent un peu l'Évangile, n'ont pas manqué de lire les propos sympathiques qu'il a l'égard des scribes et les pharisiens (les curés et théologiens de l'époque…) :

« (…) Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent ; mais n'agissez pas selon leurs oeuvres. Car ils disent, et ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigts. Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes.  (….) ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues ; ils aiment à être salués dans les places publiques, (…)   (…) Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute espèce d'impuretés. (…) vous paraissez justes aux hommes, mais, au dedans, vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité. (…) Serpents, race de vipères ! (…)



* Sa vie, son œuvre, ses propos, démontrent à l'évidence qu'il n'a jamais désiré quoi que ce soit qui ressemble à la religion chrétienne telle qu'on la connaît. Prétendre le contraire relèverait de l'hypocrisie qu'il dénonçait lui-même.

* Dans l'épisode passionnant appelé « de la Samaritaine », il précise que le lieu de la rencontre, n'est pas un temple une église ou un quelconque bâtiment sacré, mais qu'on le retrouve « en esprit et en vérité », c'est-à-dire au fond de soi-même, Là où est le Royaume. J’ai développé tout cela dans plusieurs billets. Notamment les  - 79 -  ; - 80 - ; - 81 - ;  - 82 - 

Autrement dit, il s'agit d'une aventure intérieure. Elle est à la fois très personnelle, est en même temps communautaire. Pour cela Jésus a rassemblé autour de lui des hommes et des femmes que l'on appelle « disciples et/ou apôtres ». parce que, historiquement, c'est lui qui est l'origine et qui enseigne en premier, quelque chose qui inaugure une nouveauté, que l'on ne peut découvrir que « de l'intérieur ». Le mot enseignement peut être piégé dans la mesure où il s’agirait d'apprendre des leçons comme à l'école. L'enseignement consiste à susciter l'intériorité de l'autre, à favoriser une sorte d'éveil par le dedans.

C'est ce qui s'est passé dans les premiers temps. Des communautés ont partagé et entretenu la mémoire de cet homme après son départ.
Il en est souvent ainsi dans nos existences. Pour ma part, j'ai eu le sentiment de commencer à connaître mon père « par le dedans » bien des années après son décès ; par des échanges avec ceux qui l'ont connu, par ses traces écrites, par mes souvenirs revisités, j'ai découvert la puissance et l'intensité de son amour. Rien de véritablement très extraordinaire, mais tout cela je ne l'avais pas vu.

Et puis… l'homme étant ce qu'il est, avec son goût du pouvoir, d'être le chef, on a commencé à se quereller, se diviser. Totalement l'inverse de ce que Jésus attendait : être serviteur. Ils ont oublié l'engueulade et le savon qu'il leur avait passé quand trois ou quatre  d'entre eux avaient demandé lequel était le meilleur, le plus grand… Alors on embraya sur  les querelles intestines entre Paul, Barnabé, et d'autres… Et puis un jour, cerise sur le gâteau, un Empereur romain (Constantin)  s'est converti et on a installé une religion d'État !… Qui demeure encore dans bien des pays sur la planète… Bref ! C'était le début du commencement de la fin… on voit où on en est aujourd’hui avec un État pontifical : le Vatican, ses grenouillages, ses réseaux souterrains, sa diplomatie secrète, son silence sous Hitler, ses compromissions avec la mafia, le sandale de la Banque du Vatican, ses prélats millionnaires qui sont censés vivre « dans la pauvreté », etc. etc. 
OK, il y a aussi tout un staff d’organismes caritatifs et de bienfaisance, qui sont toujours prêts à aider du moment que l'on accepte les « bonnes paroles » et quelques pratiques religieuses. (telle la prière, par exemple). Chaque bon(ne) chrétien(ne) a « ses pauvres » à s'occuper, dans un paternalisme religieux bien compris. Il paraît que c'est une bonne manière de « gagner son ciel ».

Et il y a aussi des « hommes et femmes de bonne volonté » qui ont l’espoir d’un changement et oeuvrent à celui-ci en interne. Force est cependant de constater que depuis des décennies, ces tentatives de renouvellement par l’interne n’obtiennent que de piètres résultats. J'admire ces persévérants qui ne désespèrent pas de réussir à percer le mur épais et haut de la « Tradition » avec la pointe d'une épingle à nourrice…



À suivre… items à venir :
3. — Qu'est-ce que Jésus voulait ?
4. —  Pourquoi le message de Jésus est-il entravé par une religion ?
5. — Pourquoi tant de personnes semblent avoir besoin d'une religion ? 


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lundi 20 février 2017

97 - Laisse tomber les morts !

Ils étaient un certain nombre, ceux qui avait été séduits par ce type, dont on peut aisément imaginer qu'il avait un charisme fort comme on dirait aujourd'hui. Il surprenait, attirait, n'avait pas le discours stéréotypé de tous les autres, scribes, pharisiens, docteurs de la loi, et autres savants de l'intelligentsia religieuse.

Ils étaient un certain nombre à manifester le désir de le suivre. Pour faire quoi ? Pour vivre quoi ? Au fond il ne savait pas très bien. C'était une aventure nouvelle. Ce type, venu d'on ne c'est où, un village paumé, fils d'ouvrier, pas vraiment bardés de diplômes religieux, voici qu'il avait des paroles qui donnaient le goût intérieur d'une transformation… laquelle ? On ne savait pas encore… mais au fond, ça semblait valoir la peine de le suivre… au moins pour voir…

Un maître de la loi (c'était pas rien: un spécialiste de de la loi de chez spécialiste) déclare :
—  « Maître je te suivrai  partout où tu iras ». 
Diable ! quelle envolée… ! 
Jésus, dans une formule imagée, semble lui répondre : tu ne sais pas de quoi tu parles, ni ce qui t'attend, si tu me suis ! Dans le texte juste après, il y a :

Un de ses disciples, lui dit : « Maître, permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. » Jésus lui répondit : « Suis-moi et laisse les morts enterrer leurs morts. »

Gloups ! Cela semble rude. C'est quand même l'enterrement de son père, au gars.
Il y a quand même un minimum de respect à avoir envers les morts. Ce type Jésus est vraiment bizarre !

Pour ma part, je pense que tous ces petits faits relatés, qui ont été ramassés, compilés, ne sont pas des petites histoires anecdotiques, mais des épisodes pour nous faire réfléchir, pour me faire réfléchir aujourd'hui au « comment je les entends ».

Plus d'une fois j'ai constaté dans mon existence, combien j'ai eu à côtoyer des personnes qui transportaient en elles une mort contagieuse et tentaient de  la transmettre autour à d’autres. Je ne parle pas ici des contaminations bactériennes, virales ou microbiennes comme la grippe ou autre saloperie… évidemment.
Encore que… ça peut y ressembler quelque part.
Je parlerai plutôt ici d'une sorte de « mort intérieure », parfois volontairement cultivée, les dégoûtés de vivre, pessimismes permanents, la critique systématique de tout ce qui apparaîtrait comme « pouvant aller vers un mieux », le doute sur tout, à commencer par le doute sur eux-mêmes et sa propre valeur,  « l’à-peu-près-isme », le découragement, la force d'inertie, la déstabilisation d'autrui, le narcissisme, la perversion, l’égocentrisme, le chacun pour soi, etc. etc. la liste pourrait très longues…

il me semble que chacun a sa part de mort intérieure. Moi j'ai la mienne. Je le sais. Elle tente parfois de me déstabiliser, elle y arrive temporairement. Le signal est la tristesse intérieure, le repliement, la procrastination, la critique de tout et son contraire, où la violence gratuite.

C’est ainsi que je comprends la parole de Jésus :
« Suis-moi »… c'est-à-dire fait le choix de la vie véritable, qui te fera découvrir le Royaume et le bonheur intérieur.
« Laisse les morts enterrer les morts… » , c'est-à-dire laisse tomber ceux qui n'ont qu'un seul désir : te précipiter avec eux dans le malheur, qui, paraît-il, est la seule issue dans ce monde dégueulasse et de pourriture… Rejoins donc les déclinistes de tous bords qui te promettent le chaos dès demain matin… Commence à désespérer la terre entière, et tu auras le malheur éternel !

Je sais pas vous, mais moi je préfère avoir comme maître Jésus, qui m'ouvre les portes du Royaume, m'invite à y entrer pour y donner le meilleur de moi-même à autrui, à la mesure que je pourrais, malgré mes erreurs, mes défaillances, les gestes sans amour, 
mais aussi,
m'offre la possibilité d'un certain don de soi, de générosité, d’amour des autres, de donner sans compter, de tenter de vivre de mes dynamismes fondamentaux et positifs qui ne demandent qu'à jaillir du fond de moi-même, pour peu que que j'y crois, pour peu que je cesse de dévaloriser tout et son contraire…

Les invitations de Jésus ont souvent quelque chose de radical. Dans le même temps, elles sont empreintes de la douceur et de la patience de celui qui cultive un amour vrai de son disciple.

Bien sûr il faut accepter de croire que l'on est aimé d’un certain divin.

mercredi 25 janvier 2017

96 - Vraies et fausses promesses

Dans l'Ancien Testament, il est souvent question d'une promesse. Dieu promet quelque chose à son peuple. Quelque chose qui sera « mieux ». Sortir d'une condition ancienne, pour une condition nouvelle. La promesse est souvent faite à un leader, chargé d’entraîner un peuple dans une Aventure. Abraham vers une terre nouvelle. Moïse vers la terre promise pour faire sortir un peuple de l'esclavage.
Enfin bref, il est très souvent question de quitter un endroit pour un autre, l'espérance au cœur, par fidélité à celui qui a promis. Une confiance dans la divinité.

Dans la Bible, le peuple croit en cette réalisation, c'est pour cela qu'il se met en marche. Et puis, il y a des déceptions, des errements. Le désir de revenir en esclavage parce qu'on n'était pas si maltraité que cela, alors qu'au désert on a le sentiment que la fin (la faim) s’en vient. Certes, la divinité intervient, redonne espérance, ravive des cœurs. Mais quand même… reste ce sentiment que la marche n’aboutit pas là où l'on croyait qu'était la Terre nouvelle.

*

Aujourd'hui, en France, nous sommes en pleine période électorale. C'est aussi le temps des promesses. Demain, c'est promis, nous ferons ce que nous n’avons pas fait hier. Sauf que les chemins proposés sont multiples, pour ne pas dire contradictoires, et qu'un peuple doute de plus en plus de ces vaines promesses entendues depuis des lustres, alors que, apparemment, le fameux bonheur espéré n'arrive toujours pas. On devient grincheux et revendicatif : 
— Alors ! Alors ! Ça vient oui ou m… ! 

Ce n'est pas comme dans la Bible. Les promesses, on finit par ne plus y croire et on se méfie de plus en plus de celui ou celle qui les fait. On veut un guide que l'on pourrait suivre, mais aucun n’est suffisamment crédible. Le doute a prit le dessus, la défiance est reine et la désespérance s'installe. Comme c'est insupportable, on finit par se dire qu'il est préférable toutefois de « faire comme si ». Sans doute que celui qui nous plaît vaguement remplira le contrat qu'on va lui acheter contre notre bulletin de vote. Ou alors, on ne vote plus, laissant tout à vau-l’eau, chacun pour soi, et Dieu pour personne.

*

Dans le Nouveau Testament, qui raconte l'histoire de Jésus, ainsi que celle de ses premiers adeptes, il y a aussi une promesse. Est-ce la même que celle de la Bible ancienne ou que celle de l'homme politique qui réclame les suffrages du peuple ?

La religion chrétienne, inventée après la mort de Jésus, — et en essayant de ne pas être trop caricatural, — tient sensiblement un discours global disant : aujourd’hui sur terre, c'est très dur pour chacun, demain, après votre mort, ce sera le paradis merveilleux. Patience, patience !

Si, dans une certaine « modernité religieuse », il est question d'un chemin qui commence aujourd'hui, il n'en est pas moins présenté comme plus ardu et difficile que source de joie et de bonheur ici et maintenant. La promesse que c'est le bon chemin, l’unique,  s'enracine dans une affirmation : ça fonctionne parfaitement, à cause de la vie, la mort et la résurrection de Jésus, désormais appelé Christ, Fils de Dieu, Dieu lui-même. 

*

L'homme politique dit : « le changement c'est maintenant », sauf qu'on attend toujours. Et qu'il y a quelques jours encore dans les diverses primaires (droite et gauche confondues), il est quand même toujours affirmé : ça ira mieux demain !
Grâce à moi évidemment dit : le candidat numéro un, le candidat numéro deux, le candidat numéro trois, candidat numéro quatre, etc. etc.
À chacun de choisir celui qui formule des promesses dont on tirera un bénéfice personnel. Les plus lucides des électeurs déclarent qu'ils choisiront le moins pire dans les mensonges. Il s'agit plus d'un vote par élimination, que d'un vote d'adhésion.

*

En réalité, pour qu'une promesse soit vraie, il faut que, d'une certaine manière, elle soit déjà-là. C'est  le mystère de la profondeur spirituelle, parce qu'on fait l'expérience d'un déjà-là qui va advenir.
C’est ce que Jésus propose.
C’est ainsi que je comprends le mieux cette parabole du Royaume :

Jésus dit : «Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches.» 

Voilà, tout est dit dans une petite histoire aussi simple et tellement évidente. Pourquoi quelqu’un que l’on va qualifier de sensé, planterait-t-il une toute petite graine, s’il n’avait pas la « certitude intérieure » qu'elle deviendra une immense plante potagère nourrissante pour longtemps. Si ce n'est pour toujours. Nourrissante pour soi-même et pour d'autres.
S'il fallait raccrocher un concept religieux, ce serait « l'acte de foi ». C'est-à-dire une véritable action concrète, comme ici : celle de faire l'effort de planter. Après… ça poussera….

Promesse d'abondance toute simple… enfin toute simple… Il faut pour cela rentrer de soi-même et personnellement dans le Royaume.
(Et sur ce sujet j'ai déjà écrit suffisamment… pour expliquer ce qu'est le Royaume pour moi)

Pour que la promesse s’accomplisse pleinement, il faut l'accueillir, autrement que  du bout des doigts ou du bout des lèvres, avec une forme de suspicion ou de doute, (j'ai peur de m'approcher du divin, on sait jamais… ça pourrait être  grave pour moi…).
Un peu comme on dirait : J’ai peur d’aimer et d’être aimé, ça pourrait m’être néfaste, mais quand même j’aimerais bien qu’on m’aime ! …

Accueillir la Promesse  dans un élan, celui de l'amoureux qui se jette dans les bras de l'autre parce qu'il sait que c'est là, dans ce « toi-et-moi » qu'elle s'accomplit. 
Jusqu’au jour où ce « toi-et-moi » devient un « toi-EST-moi », sans fusion ni confusion. Non pas une fusion dans un Grand Tout où l'on est indifférencié dans un magma, ni dans une juxtaposition d’un simple côte à côte d’indifférence gentille.
Il faut le côte à côte, mais relié « par  le dedans ». Être UNS tout en étant singulier…. 





vendredi 25 novembre 2016

95 - Il est temps de faire le point



( Vague approche de l’embryon d’une tentative de perception de l’essentiel du Chemin du Voyageur…)


Voilà plusieurs mois que je n'ai pas écrit ici. Normal. Je ne publie un billet que quand la nécessité intérieure s'en fait sentir au regard de mon parcours personnel, et sur des aspects que j'estime intéressant pour moi, (peut-être pour quelques lecteurs ? ?), en restant dans l'esprit du premier billet de ce blog.


Donc, je ressens la nécessité de faire le point pour essayer de mieux m'éclairer moi-même en tentant une expression suffisamment élaborée et compréhensible.

J'ai eu des échanges intéressants avec un certain nombre de personnes concernant ce que je vais appeler une sorte de relation institutionnelle : Jésus/religion chrétienne. Des relations par Internet, et aussi des relations « en live », soit avec des personnes qui partagent volontiers plus intimement, mais aussi avec des étrangers de ma sphère habituelle sur ce sujet de « la croyance et la pratique religieuse » (pour faire un peu simpliste dans l’expression).

Tout cela me fait apparaître de plus en plus que je suis considéré comme une sorte « d'ovni spirituel ». Le fait de dire que l'on a pour Maître de Vie (entre autres) quelqu'un qui se nomme Jésus, induit 99 fois sur 100 que l'on me range dans le tiroir « chrétien », et pire encore : « chrétien qui s'ignore ! »
Quand je parle de Jésus, un chrétien comprend Christ, ce qui n'est pas mon positionnement.
Quand je parle de Jésus, un autre comprend « chef d'une religion ».
Quand je parle de Jésus, la plupart ne savent pas de qui je parle, et bon nombre n'ont pas ouvert un évangile depuis des années et des années, alors qu'ils vont à la messe chaque dimanche. Ils ne connaissent de l'Évangile que la toute petite partie que les curés choisissent de lire à haute voix, et de commenter d'une manière… comment dire… chrétienne ! Je veux dire par là qu'on voit en Jésus un Dieu et beaucoup  moins un homme ordinaire, au parcours extraordinaire.
C’est d’emblée une évidence enseignée qui ne souffre pas la contestation Jésus = Le Christ = Dieu-trinitaire ( le 3  en 1)
Bref, il est rarissime d'avoir devant moi quelqu'un qui a une perception de Jésus assez approchante de la mienne. Je ne dis pas qu'il n'en existe pas, j’en ai côtoyé. Je ne dis pas non plus que ma perception serait « la meilleure » et qu'il faudrait qu'elle soit partagée par grand nombre de personnes. Cela ne m'intéresse pas. J'aimerais juste, et ça me semble assez normal, que l'on puisse un peu percevoir ce que je perçois moi-même.

Mais pourquoi cela devrait-t-il avoir l'importance que je crois donner ?
Après tout, ça ne devrait regarder que moi…
Pourtant c’est insuffisant.
C'est probablement parce qu'il n'y a pas de possibilité d'avoir un tel Maître de Vie, sans quelque chose qui ressemble à une aventure communautaire qui accompagne cela. Il me semble qu'on ne peut guère avoir un maître sans qu'il y ait DES disciples. Je dis bien une aventure communautaire, je ne dis pas une religion avec des cultes. L'aventure dont je parle étant essentiellement et même quasi exclusivement une aventure intérieure.
Il en fut ainsi de mes maîtres en chair et en os, même si aujourd'hui ils sont tous morts. En moi ils continuent leur chemin de vie. Mais ça c'est encore autre chose…

l’Aventure communautaire dont je parle  n'est pas la religion chrétienne. Elle ne peut pas l'être pour des raisons historiques et même ontologiques. C’est-à-dire : qu'est-ce que l'être ? qu'est-ce que l'être divin ?
Au plan historique, la religion chrétienne s'enracine dans une histoire de grenouillage politico- religieux. Les premiers chrétiens, considérés comme une secte néfaste à combattre, sont combattus et persécutés, jusqu'à ce qu'ils se trouvent une porte de sortie avec la conversion plutôt stratégique de Constantin Ier Cette sorte de respiration (fin des persécutions) permettra de faire naître la grande déviance vers une religion qui deviendra une machinerie à conquérir le pouvoir un peu partout sur la planète, au prix de massacres, de compromissions, de guerres, de petites et grandes saloperies, etc. Et ce, jusqu'à nos jours…

il n'y aura pas que cet aspect là, évidemment. Il y a tout l'aspect disons caritatif, de type œuvres de charité, destiné à lutter contre la misère des gens et à favoriser un enseignement… pour ne pas dire un endoctrinement chrétien. C'est de bonne guerre ! Et c'est quand même la moindre des choses quand on veut se référer à Christ qui parle d'aimer l'autre comme que soi-même et même d'aimer son ennemi… mais pour ce qui est des ennemis de la religion… on préférera plutôt les massacrer ! Rien n'est parfait… après tout ils n'avaient qu'à se convertir, c'était pourtant pas compliqué…  


En brandissant le Christ (être divin), on a décharné et dépecé Jésus ! (l’être humain).
Ou a travesti son message et sa conception du « Royaume intérieur », proprement révolutionnaire, mais totalement incompréhensible aux yeux d'une religion. D’une certaine manière cet homme a encore 2000 ans d'avance sur son temps… 

Aurais-je la prétention de détenir la parole de vérité sur Jésus ?
Que nenni évidemment !
Je n’ai quand même pas cet orgueil ou cette prétention. On peut même estimer que je me trompe sur moi-même depuis bien des années… c'est possible après tout…

Pour moi le message de Jésus, en tant que Maître que je me suis choisi, c'est ce qu'il appelle la « promesse du Royaume », qui n'a évidemment rien à voir — absolument rien à voir —, avec je ne sais trop quel paradis terrestre, ou je sais quel Nirvana et promesses pour demain, dans un monde meilleur, là-bas, entre Vénus et Mars…

Le Royaume comme disait l'autre, c'est ici et maintenant.
À condition de bien vouloir y rentrer à titre personnel.
À condition d'avoir dans la bouche et sur les lèvres le goût d'un certain bonheur intérieur.
À condition « d'être » !
Le Royaume c’est un consentement à « l'étant ».
À condition de reconnaître que ce Royaume, qui est  donné, n'appartient pas à celui qui le reçoit. Non pas qu'il viendrait « d’ailleurs », mais c’est qu’il vient de « dedans ».
Il n’est pas donné, au sens qu'il s'agit simplement d'un dépôt dont on a la garde jusqu'au jour de sa mort, c'est-à-dire qu'ensuite, il se transmet.

(Je dois sans doute paraître obscur pour certains lecteurs… désolé en ce sens… je peux juste préciser que ce ne sont pas pour moi des propos « théoriques ». Ils reposent uniquement sur mon expérience personnelle de vie. J’ai l’expérience que j’ai reçu et que je  transmets).

Le Royaume, ce n'est pas seulement la perception du moi personnel et du moi intime. il n'y est cependant pas étranger car la porte d'entrée de ce Royaume se situe dans le moi intime.  Le Royaume, ce n'est pas une divinité ayant installé son campement dans le « moi » des psychologues.

Jésus déclare : — mon Royaume n'est pas de ce monde… alors on a cru qu'il s'agissait d'un truc ailleurs, après la mort,  au-delà de je ne sais quelle planète… En réalité, quand il dit « ce monde » il parle du monde de l'extériorité. 

il y a « ce monde » (de l'extériorité, de l’avoir et de la possession)  ici et maintenant.
Il y a « le Royaume intérieur » ici et maintenant. (Le domaine de l’être et de l'au-delà de l'être)

Si une image pouvait être parlante de ce moi intime du Royaume, ce serait celle-ci, ( mais j'en sens tout de suite l'extrême limite) :
En ouvrant la porte intérieure située au coeur  de soi,  sur le Royaume, on y découvrirait une sorte d'escalier se dirigeant vers des profondeurs insoupçonnées, et il faudrait accepter de descendre cet escalier sans véritable torche lumineuse pour se guider facilement. Il faudrait alors recourir à l'ensemble de ses sens pour commencer à percevoir comment et dans quelles conditions il faut descendre l'escalier. Ce ne peut donc pas être un escalier à dévaler en quelques instants… Il faut prendre du temps, beaucoup de temps, peut-être des années, et être attentif à ce qui se passe à chaque marche descendue. Alors, au bout d'un moment, une lueur lointaine finit par apparaître, vers laquelle on a envie de se diriger parce que l'attirance devient irrésistible.

Pour être plus concret, cette ouverture de tous les sens que j'évoque matériellement, c'est à la fois une réalité physico-biologique (passant pas le corps, la chair), en même temps qu'une activité de l'esprit et de l'intelligence. Autrement dit c'est un peu la méditation éclairée, en particulier par les paroles de Jésus. En commençant par celles qui, le plus spontanément, nous attirent, soit parce que l'on s'y retrouve, soit parce qu'elles interrogent, soit parce qu'elles provoquent, soit parce qu'elles ouvrent l'esprit et le cœur sur le Royaume lui-même. 

Je reconnais toutefois que cette attirance ne se fait pas forcément « comme ça ». Il faut s'environner d'un minimum de connaissances historiques, de la religion juive, des mœurs de ce temps-là, de la situation politique, etc. Sinon le risque est grand de faire des confusions et des contresens surtout en extrayant des paroles de Jésus un peu n'importe comment et en voulant les mettre à toutes les sauces. Mais pour cela on n'a pas besoin de diplômes de je ne sais quelle théologie, et tout le tralala de l'intellectualisme religieux, enfermés dans le crâne par 10 ans d'études….
Par ces chemins-là, on transforme Jésus en moraliste pénible, comme savent si bien le faire les chrétiens, et on perd de lui son aspect révolutionnaire des relations humaines et de la conception de « l'être heureux ».
J’ai eu moi aussi à lutter contre mon côté ignare de certaines choses d’une côté, et à l'inverse contre la croyance que plus j'aurai des connaissances sur Dieu, plus j'approcherai du Royaume. Dans ce genre de démarche on s'embrouille dans l'épaisseur étouffante de la mousse religieuse.

Autrement dit, la connaissance de Jésus oblige à s'éloigner des religions, de leurs pratiques, leurs morales, leurs préceptes, leurs obligations et leurs interdits, le bien et le mal, le bon et le mauvais, le permis et l'interdit, le sacré et le profane, un dieu qui punit et/ou récompense, une divinité auquel on fait et offre des sacrifices, brûlent des cierges, égorge des animaux, supplie à genoux, gueule contre un Dieu, cherche à faire copain copain, s'imagine qu'il peut tout, fait tout, voit tout…,  etc. etc.…
Bref toutes les conneries qu'on véhicule sans cesse un peu partout quand il est question d'un Dieu… comme s'il nous fallait toujours un espèce d'être supérieur que l'on peut implorer ou engueuler bref comme si l'avenir de l'homme c'était l'infantilisation permanente.

Je reconnais très volontiers que je ne suis pas exempt de ce genre d'attitude infantile à titre personnel. Ça me reprend parfois quand je me suis éloigné du Royaume.


(Ce sera tout pour aujourd’hui… mais j'ai encore tellement à dire… on verra si cela doit avoir sa place ici…)